Déclaration de Laura Frigenti, Directrice générale du Partenariat mondial pour l’éducation, sur les résultats du Sommet du G20 de 2025 en Afrique du Sud
Sommet du G20 de 2025 en Afrique du Sud

Le Sommet des dirigeants du G20 à Johannesburg a marqué un moment historique : pour la première fois, ce forum influent se réunissait sur le sol africain. Réunis autour du thème « solidarité, égalité et durabilité », les dirigeants ont réaffirmé que le progrès à l’échelle mondiale repose sur la responsabilité partagée et une croissance inclusive. Cet engagement revêt une importance capitale pour le secteur de l’éducation, qui demeure la pierre angulaire d’un développement durable et de la dignité humaine.

Je salue le soutien apporté à l’éducation dans la déclaration des dirigeants. La priorité accordée à l’éducation et à la protection de la petite enfance, ainsi que la reconnaissance internationale des qualifications des enseignants, témoigne d’une prise de conscience claire que l’apprentissage fondamental n’est pas seulement un impératif moral, mais aussi une nécessité économique.

L’investissement dans l’éducation des jeunes enfants et la formation continue des enseignants dotera les générations futures des compétences nécessaires pour s’épanouir dans un monde de plus en plus complexe.

La Première ministre Giorgia Meloni a exprimé cette urgence dans ses propos : « En collaboration avec le Nigeria et le Partenariat mondial pour l'éducation, nous avons lancé une campagne visant à lever 5 milliards de dollars afin d'améliorer l'éducation de 750 millions d'enfants dans plusieurs pays et de construire une Afrique véritablement capable de rivaliser à chances égales. »

Toutefois, l’ambition doit s’accompagner d’actions concrètes. Le Sommet a reconnu l’urgence de mobiliser des financements en faveur de l’éducation, parallèlement aux efforts en matière de climat et d'allégement de la dette. Ce point est essentiel. Sans financement adéquat et prévisible, les engagements pris à Johannesburg risquent de n'être que des vœux pieux.

Le financement de l’éducation est fortement sous pression à l’échelle mondiale, et l’engagement du G20 à renforcer la coopération internationale et à explorer des modèles de financement innovants, constitue un pas dans la bonne direction — mais cela doit se traduire par des mécanismes concrets visant à protéger et à étendre l’espace budgétaire pour l’éducation.

Le vice-président du Nigéria, M. Kashim Shettina, a déclaré : « L'Afrique ne peut pas opérer le changement de paradigme positif que nous recherchons dans sa trajectoire mondiale sans la détermination collective du G20. Ensemble, nous devons faire face aux défis régionaux persistants qui se posent à nous, notamment les besoins urgents de financement durable pour garantir la mise en œuvre efficace de nos priorités en matière de développement. Dans de nombreuses régions, le fardeau de la dette grandissant continue de freiner le progrès économique et de transformer les défis locaux en vulnérabilités mondiales. »

Cette initiative ambitieuse illustre l’esprit de partenariat et la responsabilité partagée qui doivent guider la prochaine phase de financement mondial de l’éducation. Elle constitue un exemple puissant du changement transformateur que peut catalyser le leadership politique.

En tournant notre regard vers l’avenir, le Partenariat mondial pour l’éducation appelle les membres du G20 à :

  • Intégrer le financement de l’éducation aux réformes financières mondiales, en veillant à ce que les cadres de restructuration de la dette et de financement de l’action climatique soutiennent également les investissements en faveur de l’apprentissage.
  • Promouvoir le financement durable, en faisant du financement national le pilier central, tout en tirant parti de l’Aide publique au développement, de la philanthropie et des capitaux privés afin de combler le déficit de financement de l’éducation.
  • Tenir la promesse d’équité en donnant la priorité aux élèves les plus marginalisés — les filles, les réfugiés, les enfants en situation de handicap, les personnes déplacées et celles qui vivent dans des pays à faible revenu.

L’éducation constitue le socle sur lequel repose tous les autres objectifs de développement. Les engagements pris en Afrique du Sud doivent désormais catalyser un mouvement mondial afin de mobiliser le financement nécessaire à la transformation des systèmes éducatifs.

Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons garantir que chaque enfant, partout dans le monde, ait l’opportunité d’apprendre, de s’épanouir et de contribuer à un monde plus juste et plus durable.

Sommet du G20 de 2025 en Afrique du Sud

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