Concilier urgence et opportunité
La crise climatique touche déjà des centaines de millions d'enfants dans le monde.
Les systèmes d’éducation, qui avaient été conçus à une époque où le climat était relativement stable, doivent désormais faire face à des défis sans précédent.
Avec le changement des cycles hydrologiques (le mouvement continu de l'eau entre le sol, les océans et l'atmosphère) et l'intensification des phénomènes météorologiques extrêmes, les catastrophes climatiques fréquentes sont devenues la nouvelle norme pour les écoles.
Pour les enfants, le changement climatique représente un multiplicateur de menaces, dès lors qu’il accroît leur risque de perdre l’accès à des possibilités d’apprentissage sûres et pérennes.
En 2024, un enfant de 10 ans aura connu deux fois plus de feux de forêt et de cyclones tropicaux, trois fois plus d'inondations fluviales, quatre fois plus de mauvaises récoltes et cinq fois plus de sécheresses au cours de sa vie qu'un enfant du même âge en 1970.
Lorsque les enfants ont de la chance, ils passent leurs années formatrices à l'école, où ils acquièrent des compétences fondamentales et avancées, développent leur santé socio-émotionnelle et physique, et profitent tout simplement de leur enfance.
Pourtant, l'éducation est l'un des secteurs les plus vulnérables au changement climatique. Ce secteur subit des pertes financières de 4 milliards de dollars par an rien qu'à cause des cyclones tropicaux, et les dérèglements climatiques ont des répercussions durables sur l'apprentissage.
Au Pakistan, six mois après les inondations dévastatrices de 2022, les familles attendaient toujours la réouverture des écoles, et 92 % d'entre elles ignoraient quand les cours reprendraient.
Au Bangladesh, une vague de chaleur a entraîné la fermeture de toutes les écoles du pays l'année dernière, privant ainsi 33 millions d'enfants d’accès à l’éducation.
Les enfants sont aussi particulièrement vulnérables au changement climatique. Leur développement cérébral et leur croissance rapide les rend particulièrement sensibles aux perturbations environnementales, et les facteurs de stress liés au climat peuvent déclencher des effets qui se répercutent tout au long de leur vie.
Leur fréquence respiratoire plus rapide, leur système immunitaire encore en développement et leur faible capacité de thermorégulation (c’est-à-dire le maintien d'une température corporelle interne stable) les rendent plus vulnérables aux polluants atmosphériques, aux maladies infectieuses et aux fortes chaleurs.
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