Pendjab, Pakistan : une nouvelle chance d’apprendre et de reprendre sa vie
Points clés
- Avec le soutien du GPE et de l'UNICEF, le gouvernement du Pendjab améliore les compétences fondamentales des enfants en lecture, écriture et calcul.
- Des camps d'apprentissage basés sur des activités bénéficient à des enfants de différents niveaux scolaires : ceux qui rencontrent des difficultés dans l'enseignement traditionnel, ceux qui ont quitté l'école prématurément et ceux qui n'ont jamais été scolarisés.
- Près de 445 000 enfants ont acquis les compétences essentielles pour réussir pleinement à l'école.
Dans de nombreuses salles de classe du Pendjab, les enfants sont présents mais n'apprennent pas réellement. Selon l'étude de la Banque mondiale sur la pauvreté éducative, 65 % des enfants scolarisés au Pendjab ne savent ni lire ni comprendre un texte simple à l'âge de 10 ans.
Le problème commence tôt : seuls 17 % des enfants âgés de 3 à 5 ans sont scolarisés dans leur petite enfance.
Ces chiffres révèlent une crise silencieuse : la pauvreté des apprentissages. Cependant, le changement s'installe progressivement.
Le gouvernement du Pendjab, grâce au financement du GPE et au soutien à la mise en œuvre de l'UNICEF, vient en aide aux enfants de 12 districts enregistrant de faibles résultats, en se concentrant sur ceux qui n'ont jamais été scolarisés ou qui ont pris un retard important.
Dans le cadre du programme Transformation in Access, Learning, Equity and Education Management - TALEEM (Transformation de l'accès, de l'apprentissage, de l'équité et de la gestion de l'éducation), des camps de compétences fondamentales en lecture, écriture et calcul offrent aux enfants la possibilité de rattraper leur retard scolaire et de développer la confiance en eux nécessaire pour réussir pleinement dans une école ordinaire.
Pour un grand nombre de participants, en particulier les filles qui n’ont pas pu accéder aux premières années de scolarité en raison de la pauvreté, des responsabilités ménagères ou des barrières sociales, il s’agit de leur toute première fois dans une salle de classe.
La flexibilité des horaires et l'environnement accueillant les incitent à revenir.
Les camps créent des espaces dynamiques et sûrs où les enseignants utilisent des méthodes ludiques et interactives pour aider les enfants à combler leurs lacunes en lecture et en mathématiques.
Les salles de classe du camp sont conçues pour être ludiques et centrées sur l'enfant.
Les élèves apprennent à travers des chansons, des histoires, des activités de groupe et des supports visuels, rendant chaque leçon intéressante et mémorable.
Les récréations sont également des moments d'apprentissage : le jeu stimule la créativité, la confiance en soi et le développement cognitif, tout en favorisant les progrès scolaires.
Les enseignants bénéficient d’une formation pour accompagner les enfants à différents niveaux d'apprentissage, en utilisant des techniques innovantes afin qu'aucun enfant ne se sente exclu ou découragé.
En 2022, lors de l'état d'urgence dû aux inondations, le GPE a réaffecté des fonds pour restaurer les services d'eau, assainissement et hygiène (EAH) et les points d'eau dans les écoles les plus touchées du sud du Pendjab.
Cela a permis aux enfants de retourner dans une école équipée d'eau potable et d’installations sanitaires, favorisant ainsi leur santé et leur concentration sur l'apprentissage.
L'objectif de ces camps est simple mais efficace : préparer les enfants à intégrer des écoles ordinaires en toute confiance.
Dotés des compétences essentielles, ils sont prêts à apprendre et à progresser aux côtés de leurs camarades.
Portrait de Wasim
Dans le village de Sardar Wala, à Lodhran, Muhammad Wasim, âgé de 7 ans, passait autrefois ses matinées dans les champs à arracher les mauvaises herbes sous un soleil de plomb.
À ses côtés, sa mère et sa tante travaillaient sans relâche, ne gagnant guère plus que le maigre revenu quotidien que son père rapportait en conduisant un pousse-pousse.
Pendant qu'il travaillait , Wasim observait les autres enfants se rendre à l'école avec joie, leurs cartables colorés à la main. Il ne savait pas exactement ce qu'ils apprenaient dans ces salles de classe, mais la joie qu’il lisait sur leurs visages lui donnait envie d’être l’un entre eux.
Pourtant, l’école semblait un rêve impossible. Sa famille n’avait pas les moyens d’acheter des livres ni un uniforme, et ne pensait pas que l’éducation puisse changer leur destin. Le rêve de Wasim restait hors d’atteinte.
Tout a changé lorsqu'une enseignante nommée Uzma est venue leur rendre visite. Elle n'a pas simplement frappé à la porte, elle leur a ouvert la voie vers un nouvel avenir.
Uzma et ses collègues ont discuté avec les parents de Wasim et leur ont expliqué comment l'éducation pouvait lui offrir de réelles opportunités. Ils ont accepté de l'inscrire au camp de compétences fondamentales en lecture, écriture et calcul.

« J’aime ma classe. J’aime mes livres. J’aime jouer avec mes amis. »
Désormais, chaque matin, Wasim se réveille le sourire aux lèvres.
Muni de ses propres livres et crayons, fournis par le programme, il se rend en classe avec impatience.
Il apprend à lire et à écrire en ourdou et en anglais, maîtrise les mathématiques de base, se fait de nouveaux amis et prend confiance en lui.

« Je veux devenir enseignant quand je serai grand, pour aider d'autres enfants à aller à l'école. »
Dans 12 districts du sud du Pendjab, plus de 14 000 camps de compétences fondamentales en lecture, écriture et calcul ouvrent leurs portes à près de 445 000 enfants, dont la moitié sont des filles.
Près de 95 000 de ces enfants n'étaient pas scolarisés auparavant et apprennent pour la première fois ou reprennent leurs scolarité après de longues interruptions.
Grâce à des programmes comme celui-ci, ce qui n’était autrefois qu’un rêve lointain pour de nombreux enfants est aujourd’hui devenu une réalité porteuse d’espoir.
Ces camps envoient un message fort : il n'est jamais trop tard pour commencer à apprendre, et chaque enfant, quel que soit son milieu ou ses difficultés, mérite la chance de réussir.