Des promesses de contributions à des progrès concrets : améliorer l'intégration des réfugiés dans les systèmes éducatifs nationaux

À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, découvrez comment le GPE travaille avec ses partenaires et les gouvernements pour assurer l'inclusion des enfants et des jeunes réfugiés dans les systèmes éducatifs nationaux et renforcer les capacités et les ressources nécessaires pour répondre à leurs besoins éducatifs.

20 juin 2025 par Anna-Maria Tammi, GPE Secretariat, et Meredith Lee Bouvier, GPE Secretariat
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Lecture : 6 minutes
Wisam, 9 ans, suit les cours à l'école primaire de Salalab Eastern à Port-Soudan, au Soudan. Crédit : UNICEF/UNI656047/Elfatih

Wisam, 9 ans, suit les cours à l'école primaire de Salalab Eastern à Port-Soudan, au Soudan. Lorsque les combats ont atteint l'État de Sinnar, Wisam et sa famille ont été contraints de fuir vers Port-Soudan, abandonnant la plupart de leurs biens.

Credit: UNICEF/UNI656047/Elfatih

Le nombre de personnes déplacées dans le monde a dépassé les 117 millions à la fin de 2023, rendant plus urgent que jamais de trouver des solutions éducatives inclusives et bien financées.

Si le taux de scolarisation dans le primaire atteint environ 65 % chez les réfugiés, seuls 42 % d'entre eux sont scolarisés dans le secondaire et à peine 7 % accèdent à l'enseignement supérieur.

Des avancées notables ont permis de passer de réponses fragmentées à un soutien plus structuré en faveur de l’inclusion des réfugiés, grâce à des approches fondées sur le partenariat.

Au cœur de cette dynamique se trouve l'annonce de contributions multilatérales en matière d’éducation, faite lors du Forum mondial sur les réfugiés de 2023, qui a mobilisé la volonté politique, les financements et le soutien technique indispensables pour que les enfants réfugiés ne soient pas laissés pour compte.

À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, ce blog met en lumière la manière dont le GPE soutient cet objectif en adoptant une approche partenariale. Celle-ci vise à mobiliser les partenaires de l’éducation au niveau national pour appuyer les réformes conduites par les gouvernements.

Mobiliser davantage de financements pour l’inclusion des réfugiés

Compte tenu de la nature prolongée des déplacements, il est essentiel de reconnaître l’éducation des réfugiés comme une priorité de développement à long terme : de nombreux réfugiés restent en exil pendant plus de dix ans.

Le GPE travaille avec les gouvernements pour inclure les enfants et les jeunes réfugiés au sein des systèmes éducatifs nationaux, en renforçant les capacités et les ressources nécessaires pour répondre à leurs besoins éducatifs.

En Éthiopie, six écoles secondaires pour réfugiés ont été intégrées au système national et cinq autres le seront d’ici fin 2025. Le GPE soutient également le renforcement des systèmes éducatifs dans 18 autres pays qui accueillent des réfugiés et protègent leur accès à l’école publique. À ce titre, plus de 1,5 milliard de dollars d’investissements sont actuellement mobilisés.

Des mécanismes de financement innovants contribuent à combler le déficit de ressources pour l'inclusion des réfugiés. Le fonds à effet multiplicateur du GPE a permis de mobiliser 525 millions de dollars de cofinancement pour des programmes intégrant les réfugiés dans sept pays, dont le Kenya et la République de Moldova.

Ces instruments financiers jouent un rôle crucial dans les pays à faible revenu où les systèmes éducatifs sont soumis à de fortes pressions car ils doivent répondre à la fois aux besoins des populations d'accueil et des populations déplacées.

Des approches durables qui profitent à la fois aux réfugiés et aux communautés d'accueil

Le cas du Burundi montre comment un pays peut passer d’un système parallèle pour les réfugiés à leur intégration dans le système national.

En 2024, le Burundi accueillait environ 87 000 réfugiés, principalement originaires de la République démocratique du Congo.

Traditionnellement, les élèves réfugiés au Burundi continuaient de suivre le programme scolaire congolais, créant ainsi des systèmes parallèles qui limitaient l’intégration des enfants dans le pays d'accueil.

Cependant, depuis 2021, le Burundi a pris des mesures pour aligner l'éducation des réfugiés sur les systèmes nationaux en élaborant une loi garantissant l'accès à l'éducation de base pour tous, y compris les élèves ayant le statut de réfugié.

Le pays se prépare actuellement à supprimer progressivement le parcours congolais parallèle et à intégrer pleinement les élèves réfugiés dans son système éducatif national.

Depuis plus de dix ans, le GPE soutient le ministère de l'Éducation du Burundi et ses partenaires de développement dans leurs efforts visant à améliorer l'accès à une éducation de qualité, y compris pour les réfugiés. Le pacte de partenariat du Burundi témoigne de l'engagement du pays à rendre l'éducation plus équitable et inclusive.

Le Burundi est également l’un des sept pays où le fonds à effet multiplicateur du GPE a mobilisé un cofinancement pour l’éducation des réfugiés, en réunissant des fonds du GPE et de la Banque mondiale.

Cette initiative permet d’alléger la charge financière que représente l’éducation pour les familles défavorisées — y compris les réfugiés et les communautés d’accueil — en soutenant des programmes d’alimentation scolaire et en élargissant la distribution de kits scolaires aux élèves vulnérables.

En outre, le Burundi utilise son financement du fonds à effet multiplicateur pour réaliser les travaux d'agrandissement des écoles, notamment en construisant et en rénovant des salles de classe, y compris dans les écoles situées à proximité des camps de réfugiés, dans le but de réduire le nombre d'élèves par classe et d'améliorer ainsi la qualité de l'enseignement et de l'apprentissage.

Des élèves partageant un livre à l'ECOFO Busoro, au Burundi. Crédit : GPE/Ingomag

Des élèves partageant un livre à l'ECOFO Busoro, au Burundi.

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GPE/Ingomag

Des stratégies intersectionnelles sont essentielles, en particulier pour les filles et les enfants en situation de handicap

Les enfants réfugiés peuvent être confrontés à certains défis communs (comme ceux liés à la langue d'enseignement), mais les filles, les enfants en situation de handicap et les autres groupes marginalisés ayant le statut de réfugié sont confrontés à des obstacles uniques en matière d'éducation.

Ces inégalités croisées exigent des stratégies ciblées pour garantir qu'aucun enfant réfugié, fille ou garçon, ne soit laissé de côté.

Au Tchad, le financement du GPE pour la transformation du système se concentre sur des programmes scolaires inclusifs, la formation des enseignants et les infrastructures scolaires, et encourage le leadership féminin dans l'éducation.

Au Soudan du Sud, une initiative du mécanisme de Partage de connaissances et d'innovations (KIX) du GPE soutient la recherche sur les stratégies pour parvenir à l'égalité des genres et l'inclusion dans les communautés de réfugiés et de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays.

Ces efforts reconnaissent que les filles réfugiées sont souvent confrontées à des obstacles multiples, allant du manque d'accès aux produits d'hygiène menstruelle aux problèmes de sécurité, tandis que les enfants en situation de handicap ont besoin d'un soutien sur mesure et d'environnements d'apprentissage accessibles.

Les pays partenaires du GPE font preuve d'un engagement fort en faveur de l'éducation inclusive dans son ensemble, veillant à ce qu'aucun enfant, fille ou garçon, ne soit laissé de côté.

Une analyse récente de 71 pactes de partenariat (les documents stratégiques dans lesquels les pays partenaires définissent leurs réformes prioritaires en matière d'éducation) indique que :

  • 89 % des pays partenaires prennent explicitement en compte les sous-groupes marginalisés dans leurs réformes prioritaires, notamment les réfugiés, les enfants en situation de handicap, les minorités ethniques, les filles et autres populations vulnérables.
  • 66 % des pays partenaires ont placé l'inclusion des enfants marginalisés au cœur de leurs réformes prioritaires, en l'intégrant comme un engagement fondamental.

Certains pays partenaires se distinguent par leur engagement en faveur de l'inclusion dans tous les aspects de l'éducation, transformant les écoles en espaces sûrs où chaque enfant a la possibilité d’apprendre.

Par exemple, les pays sont en train de repenser leurs systèmes nationaux d’information pour la gestion de l'éducation afin de ventiler les données en fonction de différentes caractéristiques démographiques et sociales, garantissant ainsi que tous les enfants marginalisés puissent être pris en compte dans la planification nationale et l'allocation des ressources.

Le Rwanda et le Soudan figurent parmi les pays partenaires qui ventilent les données en fonction du statut de réfugié, garantissant ainsi que les élèves réfugiés soient inclus et ne soient pas laissés pour compte.

Une autre approche consiste à repenser la formation des enseignants afin de les préparer à travailler avec des classes diversifiées, en intégrant des approches qui soutiennent les enfants réfugiés, en situation de handicap et confrontés à la pauvreté.

C'est le cas en Mauritanie, où des modules de formation sont mis en place pour préparer les enseignants à répondre aux besoins d'une population scolaire diversifiée et aux difficultés rencontrées à l'école, notamment la violence scolaire et celle basée sur le genre.

Une élève sourit alors qu'elle participe à un cours à l'école 8 au camp de Mbera en Mauritanie. Crédit : UNICEF/UN0470660/Pouget

Une élève sourit alors qu'elle participe à un cours à l'école 8 au camp de Mbera en Mauritanie.

Credit:
UNICEF/UN0470660/Pouget

Perspectives : renforcer les données, le financement et la voix des réfugiés

D'importantes lacunes subsistent encore avant de pouvoir intégrer pleinement les réfugiés dans les systèmes éducatifs nationaux.

Les principaux défis concernent l'intégration des enseignants réfugiés dans les systèmes nationaux, la mise en place d'un soutien linguistique approprié pour les enfants et le soutien aux écoles dans les zones accueillant des réfugiés.

Trois actions menées par le GPE pour renforcer son soutien à l'inclusion des réfugiés

  1. Renforcement des systèmes de données afin d'améliorer la visibilité et la nécessité de rendre compte envers les enfants marginalisés. La ventilation des données dans les systèmes d’information pour la gestion de l'éducation selon différentes dimensions liées à l'équité, ainsi que le suivi de l'aide et des services qui répondent aux besoins spécifiques des populations marginalisées constituent les bases d'un système éducatif inclusif qui répond aux besoins de tous les enfants.
  2. Amélioration de l'équité du financement tout en obtenant davantage de fonds. Les financements innovants se sont révélés un instrument important permettant d'accroître les ressources consacrées à l'inclusion des réfugiés, et ces approches continueront de prendre de l'importance dans le contexte actuel. Il est également essentiel d’améliorer l'efficacité et l'équité du financement disponible, car une allocation équitable des ressources, qu'il s'agisse d'enseignants ou de subventions aux écoles, contribue à garantir que les zones d'accueil des réfugiés disposent des moyens nécessaires pour offrir une éducation à tous.
  3. Implication des jeunes et des enseignants réfugiés dans la conception de solutions pertinentes et durables. L'Éducation à voix haute, le fonds du GPE pour la société civile géré par Oxfam Danemark, soutient actuellement des coalitions nationales de l'éducation qui comprennent des organisations dirigées par des réfugiés, afin de garantir que leur voix soit prise en compte dans les politiques et les pratiques éducatives. À l'avenir, le GPE renforcera également ses mécanismes afin de continuer à soutenir l’implication des enseignants et des élèves réfugiés, y compris ceux en situation de handicap.

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