Liban : une nouvelle année scolaire sous le signe de la résilience et des opportunités
Points clés
- Au Liban, les crises concomitantes ont eu de graves répercussions sur l’éducation des enfants.
- Cette année, la rentrée scolaire s’est déroulée sous le signe d’un optimisme renouvelé après la formation d’un nouveau gouvernement et la signature d’un accord de cessez-le-feu en novembre 2024.
- Le GPE soutient le Liban dans la planification du secteur de l’éducation pour bâtir une future main-d’œuvre capable de contribuer à la reprise et à la croissance économiques, tout en favorisant une société plus égalitaire.
Pour Qasim, 18 ans, l’école ne se résume pas à des livres et des salles de classe, c’est une véritable bouée de sauvetage.
Habitant à Beyrouth, près d’une ligne de démarcation touchée par le conflit, il voit l’éducation comme le moyen de reconstruire l’avenir de son pays.

« Si on ne va pas à l’école, on n’a pas d’avenir. Il faut étudier pour faire le métier qu’on aime. Oui, c’est parfois dur d’étudier, mais le résultat en vaut la peine. C’est ainsi qu’on réalise ses rêves d’enfant. »
À l’école Omar Al-Zaani, Qasim aime particulièrement son environnement éducatif, propice à l’acquisition des apprentissages, ainsi que le fait de côtoyer ses amis et ses enseignants.

« Les enseignants créent une ambiance positive. Ils ne nous incitent pas seulement à étudier. Ils m’aident à relever les défis que je rencontre dans mes apprentissages. Entre camarades de classe, nous nous soutenons toujours les uns les autres. »
Il explique avec fierté : « J’ai des amis de différentes origines : syrienne, palestinienne et de toutes les communautés. Notre école aide tout le monde à se sentir inclus, grâce à des activités, comme des jeux, qui nous rassemblent. À la fin de la dernière année scolaire, nous nous sommes réunis pour nous dire au revoir, puis nous sommes restés en contact par téléphone, pour parler de nos souvenirs. »
Un système éducatif sous pression
L’école de Qasim se trouve à Beyrouth, près de la banlieue sud de la ville, une zone touchée par le conflit.

« Au début de la dernière année scolaire, nous avons ouvert les portes de l’école, même si le premier étage abritait encore des familles déplacées. La fréquentation est restée forte et les élèves ont fait preuve d’un engagement remarquable. Ensemble, nous avons partagé à la fois des moments difficiles et des moments de résilience. »
La directrice de l’école, Rana Itani, sait à quel point les enseignants jouent un rôle crucial en offrant aux élèves un espace sûr.
En l’absence d’un conseiller pédagogique dédié, le personnel mise sur les activités artistiques et sportives afin d’offrir aux élèves un exutoire sain pour évacuer le stress et retrouver un sentiment de normalité.
« Une fois les hostilités terminées, nous avons cherché en priorité à soutenir les élèves tant sur le plan scolaire qu’émotionnel », explique Rana.
Dans les pays touchés par la fragilité, les écoles représentent un endroit sûr, ainsi que la routine et la stabilité, ce qui aide les enfants à faire face aux traumatismes, aux pertes et aux incertitudes, tout en leur donnant la possibilité de s’exprimer et de créer des réseaux d’entraide entre pairs.
L’éducation favorise la santé mentale et le bien-être des enfants, offrant de l’espoir lorsque la normalité a disparu. Elle protège également les élèves de l’exploitation, de la violence et des mariages précoces.
Alors que le Liban continue d’être touché par des crises interdépendantes, notamment une crise économique dévastatrice, l’explosion du port de Beyrouth, un conflit et des déplacements de population, les écoles représentent des lueurs d’espoir – aidant les enfants à guérir, à se reconstruire et à contribuer au relèvement du pays.
La rentrée des classes de cette année a été marquée par un optimisme renouvelé. La formation d’un nouveau gouvernement et la signature d’un accord de cessez-le-feu en novembre 2024 ont relancé les efforts nationaux visant à aider les élèves à reconstruire leur vie et leur pays.
Offrir une éducation de qualité pour toutes et tous
Le Liban a toujours accordé la priorité à l’éducation comme pierre angulaire de la résilience nationale et du capital humain.
Sous la direction de Son Excellence Dre Rima Karami, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur cherche à rétablir la confiance dans le système.
« Mon rêve est que l’éducation au Liban retrouve la place qui lui revient – d’abord aux yeux de son peuple, puis aux yeux du monde. Même en période de crise, le Liban a toujours su faire preuve d’excellence », affirme-t-elle.
Pour Dre Karami, la difficulté associée au fait d’offrir une éducation de qualité est évidente.

« C’est d’équité dont nous avons besoin : veiller à ce que chaque enfant ait le droit d’apprendre, quel que soit son histoire, sa situation ou ses capacités. Je veux que nos écoles soient des lieux sûrs et inspirants que les enfants fréquentent non pas par obligation, mais parce qu’ils aiment y aller. Les écoles ne devraient pas être réduites à des examens et à des notes, mais être considérées comme de véritables passerelles vers la découverte, l’épanouissement et le vivre-ensemble. »
À l’école Mohammed Shaml de Beyrouth, l’enseignante Diana Itani partage cette passion. Elle était impatiente d’accueillir à nouveau les élèves cette année.
L’éducation pour la reprise et la croissance économique
L’éducation est essentielle à la reprise économique du Liban, car elle dote les enfants et les jeunes des compétences, des connaissances et de la résilience dont ils ont besoin pour reconstruire leur vie et contribuer à la croissance du pays.
Un système éducatif solide prépare les jeunes à la compétitivité locale et mondiale, réduit les vulnérabilités, favorise la cohésion sociale et participe à ce que chaque enfant puisse contribuer à une société plus juste.
Le Liban est devenu un pays partenaire du GPE en 2024. Depuis, avec le soutien du GPE et de l’UNESCO en tant qu’agence de coordination, le ministère de l’Éducation a entrepris des mesures cruciales, notamment la création d’un groupe local des partenaires de l’éducation pour promouvoir la coordination d’un secteur de l’éducation inclusif dans le pays.

« Le Liban possède un système de coordination bien établi au sein du secteur de l’éducation. La ministre dirige le groupe local des partenaires de l’éducation, coprésidé par l’UNESCO, où les partenaires du secteur s’assoient autour d’une table pour aligner les priorités et coordonner le financement de ces priorités. Le GPE joue un rôle important non seulement en allouant des financements, mais aussi en exigeant une utilisation cohérente des fonds dans le secteur de l’éducation. »
Lors de sa nomination au poste de ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur au Liban début 2025, Dre Karami a souligné l’intérêt de travailler en partenariat avec le GPE.

« Ce qui rend le modèle du GPE remarquable, c’est le partenariat sur lequel il est fondé. Ce principe reconnaît qu’aucun acteur ne saurait réformer seul l’éducation. Le cadre encourage la création d’alliances locales, la planification conjointe et le partage des responsabilités dans l’ensemble du secteur. Il fournit également une plateforme qui permet aux dirigeants nationaux et à leurs partenaires de diriger le navire, de tracer la voie qui, selon eux, fera avancer leur système éducatif. »
Le gouvernement s’est engagé à veiller à ce que chaque enfant reste à l’école en mettant en œuvre des politiques inclusives qui élargissent l’accès à l’éducation de la petite enfance, renforcent la rétention des élèves et offrent des possibilités d’apprentissage flexibles aux enfants actuellement non scolarisés.
Les réformes de l’éducation menées au Liban visent à créer une future main-d’œuvre capable de contribuer à la reprise et à la croissance économiques du pays, ainsi qu’à une société plus égalitaire – des objectifs que le GPE continue de soutenir.
Qasim fait partie des millions d’élèves qui comptent sur le pouvoir de l’éducation pour ouvrir des possibilités et ainsi transformer des vies et des communautés entières. Voici le message qu’il dédie à ses amis : « Continuez vos études pour que nous puissions obtenir notre diplôme ensemble et travailler dans les domaines qui nous passionnent. Nous devons être la génération qui réussit, afin que nous puissions continuer à vivre et à nous épanouir dans notre pays. »
L’éducation multiplie les possibles : elle stimule la croissance inclusive, renforce la résilience et jette les bases d’un avenir à la fois plus stable et plus prospère. Elle offre de l’espoir à la prochaine génération au Liban.
Lire le plaidoyer pour l’investissement du GPE

